Avant toute chose et avant de vous parler de ma prise de décision concernant Curacné/Roaccutane, je voulais vous remercier à avoir été aussi nombreuses à commenter mon dernier article sur l'acné adulte. Paulette a également contribué à donner de la visibilité à cet article et sachez que tout cela m'a fait chaud au cœur car les premiers jours avec ce traitement ne sont pas les plus faciles.

Je tenais avant de continuer mon article à vous préciser une chose que j'aurais probablement dû écrire plus tôt. Tous mes articles sur cette thématique seront écrits en différé, parce-qu'il m'a semblé important au regard des enjeux de ce traitement de l'acné adulte, de pouvoir peser mes mots et donc pour cela de prendre une certaine distance. Vous serez en effet d'accord avec moi pour constater qu'un effet négatif peut être très difficile à gérer instantanément mais que quelques jours plus tard, on le relativise et on le perçoit différemment d'où l'intérêt de ne pas se précipiter à écrire.

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Ainsi, lorsque j'ai publié mes deux premiers articles sur la réflexion autour de prendre/ne pas prendre Roaccutane, mon choix était déjà fait et mon deuxième RDV chez le dermatologue passé. Vous avez été nombreuses à me conseiller des traitements plus doux ou des sites de renseignements sur l'acné et je vous en remercie vraiment. Sachez cependant qu'à mon sens, j'ai testé déjà suffisamment de traitements doux, bio, naturels, de parapharmacie (mais bien évidemment pas forcément l'ensemble de ceux que vous mentionnez) pour envisager Roaccutane. Je me suis seulement autorisée une prise de conseils auprès de vous au cours de l'été via Instagram, qui ne m'a guère aidée mais qui a eu au moins le mérite de me rassurer quant au fait que je ne sois pas isolée face à ce problème devenu courant chez les femmes à partir de 25 ans.

Je comprends tout à fait certaines positions très marquées concernant Roaccutane, mettant en valeur que dans la balance risques/bénéfices, les risques l'emportent et que ça ne vaut pas le coup de tenter le diable. J'ai longtemps été plutôt de ceux qui pensaient que Roaccutane devait uniquement être utilisée dans le traitement de l'acné sévère. Et puis, être confrontée depuis plusieurs années à une acné rebelle sous forme de crise sur différentes zone du visage a changé la donne pour moi De toutes les façons, je pense qu'on réfléchit différemment dans tout domaine lorsqu'on est soi-même concerné.

Au final, à quatre jours de mon RDV, je me suis décidée à faire ma prise de sang à jeun (test de grossesse - tryglicérines - transaminases) et au cours du week-end, j'ai décidé de me lancer dans l'aventure, non sans avoir posé trois questions à ma dermatologue sur les impacts et les possibilités d'arrêter le traitement à tout moment si les effets indésirables étaient trop marqués pour moi.

Pour ce deuxième RDV, j'ai trouvé ma dermatologue beaucoup plus attentive et bienveillante. Elle m'a remis le carnet que vous voyez sur la première photo et m'a fait signer un formulaire d'accord de soins et de contraception pour les patientes. Le carnet me semble plutôt destinée aux adolescentes mais les conseils qu'il prodigue, notamment en ce qui concerne les dangers de l'isotrétinoïne sur un bébé à naître, doivent être rappelés à toute personne décidant de suivre ce traitement et je pense qu'il n'est pas inutile en cela de le lire au calme chez soi.

J'ai commencé mon traitement le mardi 8 septembre. Chaque soir depuis cette date, je prends 30 mg (3 comprimés de 10 mg) au cours du repas.

Les premiers effets ne se sont pas faits attendre. La première semaine, j'ai été très fatiguée. La fatigue ne fait pas partie des effets indésirables mis en avant mais chez moi, ça a été le plus marquants les premiers jours. J'étais épuisée après une journée classique de travail, je me couchais avec les poules et faisais pratiquement le tour de l'horloge. Heureusement, cela n'a duré que quelques jours et j'ai ensuite retrouvé une énergie tout à fait normale.

Sont ensuite venus les effets classiques du traitement au cours de la deuxième semaine. Peau du visage qui était très réactive, très asséchée et qui demandait beaucoup d'hydratation, faut de quoi des dartres se formaient. J'ai donc appliqué de la crème très riche à plusieurs moments de la journée et bu 2L d'eau par jour et rapidement, ces effets se sont estompés. Aujourd'hui, ma peau du visage nécessite toujours beaucoup d'hydratation, mais moins que celle du corps qui a pris un aspect peau de crocro très marqué avec des zones très sèches. Le plus douloureux à ce jour reste mes commissures de lèvres qui, comme vous le voyez sur la photo, sont très abîmées malgré une application intensive de baume. Ouvrir à la bouche pour croquer une pomme est un véritable calvaire par exemple.

La bonne surprise, c'est que je n'ai pas eu d'autres effets négatifs. Je craignais notamment une irritabilité plus forte, des pertes de cheveux, une sécheresse oculaire (je suis porteuse de lentilles et rappelez-vous, mon ophtalmologue m'a déconseillé ce traitement) ou encore des douleurs musculaires en courant mais rien de cela ne s'est produit, et j'ai repris la course à pieds avec des performances plutôt encourageantes en cette rentrée.

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Au niveau des effets sur les cicatrices anciennes et boutons, j'ai été bluffée par la vitesse à laquelle ma cicatrice sur la joue (restes de la poussée d'acné du printemps dernier en photo ici) a disparu. Le traitement a également été particulièrement probant sur les boutons situés sur le front, le nez, les joues qui se sont asséchés et ont disparu en un rien de temps, beaucoup plus vite que par le passé.

En revanche, je n'ai pas échappé aux premières poussées d'acné liées à ce traitement et mon menton et ma mâchoire ont été recouverts dès la troisième semaine de boutons rouges inflammés très douloureux, beaucoup plus que ce que je peux avoir habituellement. Je vous les montre sur cette photo pour partie en espérant que vous ne voyez pas cela comme le musée des horreurs mais comme une trace vous permettant de vous situer mois après mois et de constater à mes côtés l'évolution.

Pas d'effet notable en revanche du côté des points noirs qui sont toujours présents. Je trouve toutefois globalement mon teint plus lumineux, même si plus rouge que d'ordinaire, sans doute une sensibilité accrue.

Globalement, je suis satisfaite de ces trois premières semaines passées sous Roaccutane. J'ai été un peu effrayée les premiers jours par ma fatigue (même si cette cure de sommeil m'a sans doute fait le plus grand bien) et en même temps surprise par l'efficacité sur les cicatrices et notamment cette cicatrice sur la joue (une autre photo ici) qui me complexait et que je n'arrivais pas à faire partir depuis des mois malgré des produits éclaircissants ayant fait leurs preuves. Pour le moment, j'estime que les effets indésirables, principalement la sécheresse labiale, sont tout à fait supportables au regard des promesses du traitement. La première poussée d'acné, classique dans ce traitement, est un peu déstabilisante puisque pour ma part, je n'avais jamais eu autant de boutons aussi douloureux au même endroit. Mais le fait d'avoir été avertie en amont m'aide à accepter cette période pas simple au niveau de la gestion de l'image de soi. Rendez-vous dans quelques jours pour savoir quels sont les soins que j'applique désormais quotidiennement.

*Je rappelle que je ne suis pas médecin et que seul un médecin, et a fortiori un dermatologue, peut vous prescrire sous réserve de signature de l'accord de soins et de contraception sous traitement Roaccutane/Curacné. Cette série d'articles n'a aucunement pour finalité d'affirmer que Roaccutane est le seul traitement qui vous permettra de vous débarrasser définitivement de votre acné d'adulte. Il vise simplement à retracer mon parcours, unique même si potentiellement similaire en certains points aux vôtres, et à vous faire part de mon expérience mois après mois. Je réponds avec plaisir à vos questions dans les commentaires où le débat, dans le plus grand respect et la plus grande bienveillance, est le bienvenu.