Silana blog

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Mot-clé - CouchSurfing

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dimanche 21 septembre 2014

J'irai dormir sur ton canapé.

Lorsque j'ai su de manière certaine en juillet que j'allais vivre dans l'Hérault, je n'ai pas paniqué. J'étais prête, prête à partir, prête à aller de l'avant. De toute façon, je n'avais plus rien à faire à Paris. Malgré tout, n'ayant jamais vécu dans le sud et n'ayant que très peu de connaissance dans ma nouvelle région d'adoption, j'ai un instant redouté d'être isolée.

Voyager seule, je sais faire. Vivre seule, je sais faire. Déménager et tout recommencer dans une nouvelle ville, je sais faire. Et pourtant, cette fois, n'étant plus étudiante, n'ayant plus un statut étiqueté "cool" qui t'assure de faire rapidement des rencontres, je me suis posée quelques questions sur mon intégration dans ma nouvelle ville.

Si je suis une personne relativement sociable et ouverte d'esprit, je sais aussi qu'à mon âge, une majorité de personnes, particulièrement dans l'Hérault (merci l'INSEE) sont en couple, avec bien souvent des enfants en bas âge.

Avec mon profil "aventurier", j'avais toujours pensé à m'inscrire sur Couchsurfing, sans jamais sauter le pas. Mais dès que j'ai signé mon bail pour un appartement avec un salon aux belles dimensions et une chambre d'amis, cela m'est apparu comme une évidence. Cela fait désormais deux mois que je suis inscrite et j'ai accueilli au cours des dernières semaines trois couchsurfers. Un début d'expérience que j'avais envie de vous raconter, pour vous inciter peut-être vous aussi, à aller dormir sur le canapé d'un hôte ou à recevoir chez vous des surfers du monde entier.

Couchsurfing, une aventure qui débute officiellement en 2004

Voyager autrement, c'est le rêve de beaucoup. Je me rappelle de quelques voyages réalisés lorsque j'étais plus jeune. Avec ma famille, nous avons testé différentes options et c'est toujours le choix location de voiture sur place et de maisons de particuliers qui nous apporté les meilleurs souvenirs. Casey Fenton, le cofondateur de Couchsufing semble également privilégier la rencontre de locaux pour découvrir un pays, une ville "de l'intérieur". Convaincu qu'il existe une communauté qui partage ses valeurs, basées sur la rencontre humaine, il lance Couchsurfing en 2004 qui compte aujourd'hui près de 5 millions de membres.

Un fonctionnement assez simple

Originellement organisation à but non lucratif, Couchsurfing est devenue en 2011 une société par action. Pour autant, l'inscription est toujours gratuite. Il est possible de vérifier son compte pour 19 $ de sorte, soit disant, à voir vos demandes de CouchSurfing plus facilement acceptées. De ma courte expérience, je dirais que cette vérification n'apporte pas grande chose. Pour ma part, ce n'est pas ce critère qui me fera accepter ou non de recevoir un surfer chez moi.

Esthétiquement parlant, le site n'est pas une réussite. Néanmoins, il reste simple d'utilisation, à condition d'avoir quelques notions d'anglais. Une fois votre inscription réalisée, vous créez votre profil, en vous décrivant de manière simple (goûts, centres d'intérêt, ce que vous attendez de CouchSurfing). Vous êtes aussi rattachée à la page géographiquement la plus proche de chez vous, sur laquelle vous pouvez échanger avec d'autres membres "voisins" les bonnes idées de sortie.

Se jeter à l'eau

Lorsque j'ai créé mon profil, je ne pensais pas recevoir beaucoup de demandes. En réalité, l'attrait du soleil du sud et du Canal du Midi incite un certain nombre de personnes à programmer des séjours dans ma nouvelle région. Dès mon inscription, j'ai donc reçu une dizaine de demandes en un mois. Globalement, les demandes que l'on reçoit sont très souvent du jour pour le lendemain, ce qui a ses avantages et ses inconvénients, j'y reviendrai. Venant d'emménager avec des cartons à déballer, j'ai tout d'abord refusé les demandes avant d'en accepter une, d'un jeune cycliste suisse qui se rendait en Espagne. Mon canapé était arrivé, sa philosophie de vie et son projet de voyage me plaisait, j'ai dit banco !

courchsurfing_avis.jpg

Premiers pas

Lorsque mon premier couchsurfer a débarqué chez moi, j'étais vraiment contente de le recevoir. Nous avons parlé majoritairement allemand et anglais. Il connaissait un peu la France à travers Paris. Moins le sud. Venant moi-même d'arriver, il m'est encore assez difficile de donner des conseils de visites. Aujourd'hui je commence à connaître de jolis endroits autour de chez moi, et je pense que dans quelques mois, je serai complètement opérationnelle pour jouer la guide touristique. C'est ce genre de choses que j'ai envie de partager avec mes couchsurfers. Ça et les spécialités culinaires. J'adore cuisiner, mais pas pour moi toute seule. Alors recevoir pour une soirée un sufer me donne envie de passer derrière les fourneaux pour revisiter une recette typiquement française. Et si mon surfer apporte une bouteille de vin pour accompagner le repas, c'est encore mieux.

Se fixer une ligne de conduite

Ma première expérience a été réellement positive et m'a donné envie de continuer. Néanmoins, étant beaucoup sollicitée (en moyenne, cinq demandes par semaine), j'ai dû réfléchir à ce que je voulais, ne voulais pas.

Mon but premier en m'inscrivant sur CouchSurfing était de faire des rencontres, croiser des personnes que je ne pourrais pas rencontrer autrement, m'évader en écoutant des récits de voyage. Ma première soirée m'a aussi permis de m'apercevoir que CouchSurfing était vraiment super pour qui veut pratiquer les langues, l'allemand pour moi, mais a fortiori l'anglais. En m'inscrivant sur CouchSurfing, ma démarche était claire. Mais rapidement, je me suis aperçue que certaines personnes s'inscrivaient pour des raisons moins honorables. Certains confondent ainsi ce site avec un site de rencontres. J'ai ainsi eu des demandes de rendez-vous pour aller prendre un verre "et plus si affinités" - mais oui bien sûr - ou des demandes d'hébergement qui me mettaient mal à l'aise. 


Je vais d'ailleurs en profiter pour faire un point sécurité. Ne croyez pas que la question du danger ne m'ait pas effleurée l'esprit. Ouvrir sa porte à un inconnu ou une inconnue est toujours source de risque. Et pour ne rien vous cacher, il y a eu quelques cas de viols recensés au cours des dernières années. Personnellement, je ne suis pas peureuse et j'aurais même tendance à avoir un peu trop foi en l'humain. Sans doute parce-que je n'ai pas de mauvaise expérience significative. Je travaille beaucoup au quotidien les questions de sentiment d'insécurité et c'est une notion avec laquelle je suis à l'aise. Lorsque je me suis inscrite, j'avais tout à fait conscience du risque mais aussi de la possibilité de refuser une demande de CouchSurfing. Et lorsque je parle de risque, je ne parle pas seulement d'agression physique ou sexuelle. Ouvrir sa porte, c'est aussi s'exposer. Mes couchsurfers utilisent une de mes chambres dans laquelle j'ai des affaires ainsi que ma salle de bain. Je ne me vois pas mettre tout sous clé, ce serait assez paradoxal. Ils sont donc à même de me voler. Toutefois, comme je le disais, on a toujours le choix. Par exemple, une personne n'ayant pas de référence aura beaucoup de difficultés à me convaincre de la laisser utiliser mon canapé. De la même manière, quelqu'un dont la demande serait ambiguë se verra opposer une réponse négative.

Je pense que lorsqu'on est une personne seule qui choisit d'héberger ou de se faire héberger, il faut être au clair dans sa démarche. Pour moi, Couchsurfing est une façon alternative de voyager, gratuite, avec un côté convivial. Je refuse donc toute demande d'une personne qui viendrait, par exemple, passer un entretien dans ma ville ou qui ne sait pas combien de temps elle va rester. Une nuit selon moi est le format le plus adapté à mon mode de vie actuel.
J'abordais un peu plus tôt dans l'article la question de l'organisation. Pas facile en effet de recevoir une demande du jour pour le lendemain. Ni d'en recevoir une deux mois à l'avance. J'aime pour ma part pouvoir anticiper et dans l'absolu, une demande 3/4 jours avant me permet de m'organiser pour être disponible pour mon couchsurfer. Pas question ce soir là de le planter devant la télé parce-qu'on a, à tout hasard, du repassage en retard. Je préfère discuter avec lui, ou sortir boire un verre dans un des bars de la ville. Partager, échanger, je suis 100% pour. Mais pour autant, je ne suis pas prête à me coucher au petit matin non plus. Et si je travaille le lendemain, mon surfer peut être sûre que je lui rappellerai qu'il faudra qu'il quitte les lieux en même temps que moi.

Des premières expériences qui donnent envie de poursuivre 

Après ce premier mois à accueillir en moyenne un couchsurfer par semaine, je suis plutôt emballée.

Mes deux premières expériences (un suisse et un allemand) ont été très positives. j'ai accueilli des personnes posées, respectueuses, qui avait soif d'en apprendre plus sur la culture française et de parler de leur propre pays. J'ai vraiment passé deux très bonne soirées.

Ma troisième expérience a été plus mitigée. Il s'agissait d'un biélorusse. Si la différence de culture peut être très riche, j'ai été assez déboussolée. Rappelons ici que le régime politique de la Biélorussie a fortement tendance à être qualifié de dictatorial au sein de l'Union européenne. Cela se ressentait fortement chez Petr qui était à la fois en colère contre son pays et complètement enthousiaste à l'idée d'être en France pour quelques semaines. Un mixte pas facile à gérer après une journée de travail. J'ai aussi pu assez surprise qu'il n'ait pas lu mes recommandations inscrites sur mon profil pour une expérience positive de Couchsurfing. Cela me semble être la base, simple question de respect, quand on se fait héberger. Il était sans gêne en réalité, n'ayant pas par exemple de sac de couchage ou allant fumer à ma fenêtre alors que j'avais indiqué qu'il n'était pas possible de fumer chez moi. Cela mis de côté, nous avons tout de même bien discuté et il était touchant lorsqu'en partant, il m'a pris dans ses bras et m'a remerciée le plus sincèrement du monde pour mon accueil.

Globalement, les retours que j'ai sur l'utilisation de Couchsurfing sont extrêmement positifs. Mon frère qui étudie à l'étranger en ce moment et qui a eu besoin d'être dépanné quelques jours, le temps pour lui de trouver un logement, a été très bien accueilli et aidé dans ses démarches. De la même manière, ma cousine qui a fait un tour du monde durant un an, a souvent utilisé CouchSurfing, site grâce auquel elle a rencontré des hôtes, devenus des amis du bout du monde par la suite.

Prochaine étape : aller dormir sur le canapé d'un inconnu ?

Si dans un premier temps, j'envisageais surtout CouchSurfing dans sa dimension "accueil de voyageurs", je réfléchis de plus en plus à aller, le temps d'une nuit, tester le canapé d'un ou d'une (presque) inconnu-e. Habituellement, lorsque je voyage, je pars en auberge de jeunesse ou loue des appartements via des sites comme Airbnb. Comme tout le monde, il m'arrive aussi de réserver des hôtels mais ça reste, finalement, assez rare.

Depuis que je suis hôtesse, et que forcément mes surfers m'ont invitée en retour chez eux, l'idée d'être une surfeuse de canapé me tente. A priori, ce serait plutôt pour un court séjour à l'étranger. Si vous avez envie que je vous en parle, n'hésitez pas à me le dire, je vous ferai un retour d'expérience.

As-tu déjà tenté l'aventure CouchSurfing ?
Ce mode de voyage alternatif de voyage t'attire t-il ?