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dimanche 28 décembre 2014

[Ces instants-là]

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Depuis que je me suis installée dans le sud, ma vie a changé. J'ai changé.

La vie à Paris, c'était la vie à cent à l'heure. J'enchaînais journée au travail, écriture pour le blog ou soirée événementiel en lien avec le blog, dîner et soirée jusqu'au bout de la nuit avec mes colocs. C'était l'effervescence en permanence, le cerveau en ébullition, les week-ends en Bretagne, tracer la route, revenir, repartir, recommencer. Sans fin. Amusant. Épuisant.

Et puis il y a eu le déménagement. Apprendre à vivre seule, découvrir la douceur de vivre du sud. Avoir de longues soirées. Prendre un plaid, se mettre sur son canapé et ouvrir un livre plutôt que son ordinateur.

C'est ainsi que j'ai recommencé à lire.

J'ai accepté de participer aux matchs de la rentrée littéraire [hashtag #MRL14] organisés par Priceminister par l’intermédiaire d'Olivier (merci pour ton travail ♥).

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Quinze livres en compétition, il ne fallait en choisir qu'un. Ces instants-là s'est imposé à moi. Il y avait bien Louise, aussi, qui me plaisait. Mais la couverture du livre écrit par la norvégienne Herbjorg Wassmo et traduit en français par Céline Romand-Monnier l'a emporté.

Quatrième de couverture :

Elle grandit dans le nord de la Norvège, entre une mère insaisissable mais présente, une petite soeur qu’elle protège, un père qu’elle méprise avant de le haïr. Elle n’est pas coupable du mal qu’il lui fait. Puis elle aime le rock, la danse, les mains de l’apprenti électricien. Elle surnage face à la honte, part à la ville étudier. Son père est loin, c’est bien, mais son jeune fils est loin aussi. Elle lit, et brave son silence dans l’écriture. Elle se marie, publie, devient écrivain. Se bat pour sa liberté et son droit de vivre comme elle le souhaite.

Mon avis :

Honnêtement, il m'a fallu du temps pour apprécier ce livre. Les premières pages ont été laborieuses. Le style de Wassmo est déstabilisant. Aussi froid et rugueux que le climat de la Norvège en plein hiver. Impersonnel, un rythme saccadé. Des phrases courtes. Des points partout. Des virgules aussi. On respire, on souffle, on a mal aux yeux. Envie de refermer le livre. Pour reprendre plus tard.

Et puis on y revient. Parce-que les descriptions sont jolies, poétiques, presque mystiques.

"Une formidable écume déferle et devient mirage.
Puis elle est assise en hauteur dans un arbre et tout est au-dessous d'elle. Dans une pièce avec beaucoup de lumière et des rideaux blancs. Derrière un bureau où les choses se mettent en ordre pendant qu'elle regarde. Tout est étranger et pourtant connu
."

On n'y comprend pas grand chose. Wassmo nous perd. On s'accroche, on s'accroche. Démêler les fils. Savoir qui est-ce "elle" si impersonnel. Et tous ces autres personnages sans nom, simplement résumés à leurs fonctions.

Après tout, on n'est pas plus bête qu'une autre. On va bien finir par y comprendre quelque chose à ce livre. Ça pique, ça pique et puis finalement, page après page, ça chauffe le cœur. "Elle" ne m'est jamais devenue sympathique, ni attachante. Mais j'ai eu envie d'aller au bout. Et pour dire vrai, il a vraiment fallu que je lutte avec moi-même car à aucun moment je n'ai été emballée par l'histoire. Une histoire somme toute assez banale d'une fille assez banale, devenue femme assez banale. De jolis passages mais aussi beaucoup de longueurs.

"Elle traque les couleurs avec uneé puisette trouée. Les couleurs se transforment, deviennent mots qu’elle recueille dans une boîte Joika. Ils ressortent en lévitant par le couvercle à moitié ouvert. Se déchiquettent sur les bords dentelés par l’ouvre-boîte. Elle pose une main dessus pour les maintenir en place. Les mots. De la tristesse. Mots de l’inquiétude. Mots de l’odeur et de la saveur. Mais de la joie ? Non. Ces choses-là attendront."

Néanmoins, et assez paradoxalement, j'ai apprécié ce livre parce-qu'il est différent. Différent des romans de gare que je lis d'un trait. Différent. Avec un style très personnel. Mélancolique.

Je l'ai lu en plusieurs fois et ne suis pas certaine d'avoir tout compris. Et cette idée, ce flou artistique, me plaît bien.

Qualité de l'écriture 4/5
Plaisir à la lecture 2/5
Originalité du livre 3/5